gestriger internationaler Denkmaltag (18 Apr)

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Laurent (Berlin)
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gestriger internationaler Denkmaltag (18 Apr)

Beitrag von Laurent (Berlin) »

zur Feier des gestrigen Denkmaltags, hier der Text von Roland Barthes, der einst die DS mit gotischen Kathedralen vergleichte... (deutsch automatisch übersetzt unten)

La nouvelle Citroën

extrait de MYTHOLOGIES de Roland Barthes 1957.

Je crois que l’automobile est aujourd'hui l'équivalent assez exact des grandes cathédrales gothiques : je veux dire une grande création d'époque, conçue passionnément par des artistes inconnus, consommée dans son image, sinon dans son usage, par un peuple entier qui s'approprie en elle un objet parfaitement magique.
La nouvelle Citroën tombe manifestement du ciel dans la mesure où elle se présente d’abord comme un objet superlatif. Il ne faut pas oublier que l’objet est le meilleur messager de la surnature: il y a facilement dans l'objet, à la fois une perfection et une absence d'origine, une clôture et une brillance, une transformation de la vie en matière (la matière est bien plus magique que la vie), et pour tout dire un silence qui appartient à l'ordre du merveilleux. La «Déesse» a tous les caractères (du moins le public commence-t-il par les lui prêter unanimement) d'un de ces objets descendus d’un autre univers, qui ont alimenté la néomanie du XVIIIe siècle et celle de notre science-fiction: la Déesse est d'abord un nouveau Nautilus.
C'est pourquoi on s’intéresse moins en elle à la substance qu'à ses joints. On sait que le lisse est toujours un attribut de la perfection parce que son contraire trahit une opération technique et tout humaine d’ajustement: la tunique du Christ était sans couture, comme les aéronefs de la science-fiction sont diun métal sans relais. La DS 19 ne prétend pas au pur nappé, quoique sa forme générale soit très enveloppée; pourtant ce sont les emboîtements de ses plans qui intéressent le plus le public: on tâte furieusement la jonction des vitres, on passe la main dans les larges rigoles de caoutchouc qui relient la fenêtre arrière à ses entours de nickel. Il y a dans la DS l'amorce d’une nouvelle phénoménologie de l'ajustement, comme si l'on passait d'un monde d'éléments soudés à un monde d'éléments juxtaposés et qui tiennent par la seule vertu de leur forme merveilleuse, ce qui, bien entendu, est chargé d'introduire à l'idée d'une nature plus façile.
Quant à la matière elle-même, il est sûr qu’elle soutient un goût de la légèreté, au sens magique. Il y a retour à un certain aérodynamisme, nouveau pourtant dans la mesure où il est moins massif, moins tranchant, plus étale que celui des premiers temps de cette mode. La vitesse s'exprime ici dans des signes moins agressifs, moins sportifs, comme si elle passait d'une forme héroïque à une forme classique. Cette spiritualisation se lit dans l'importance, le soin et la matière des surfaces vitrées. La Déesse est visiblement exaltation de la vitre, et la tôle n'y est qu'une base. Ici, les vitres ne sont pas fenêtres, ouvertures percées dans la coque obscure, elles sont grands pans d'air et de vide, ayant le bombage étalé et la brillance des bulles de savon, la minceur dure d’une substance plus entomologique que minérale (l'insigne Citroën, l'insigne fléché, est devenu d’ailleurs insigne ailé, comme si l'on passait maintenant d'un ordre de la propulsion à un ordre du mouvement, d'un ordre du moteur à un ordre de l'organisme).
Il s'agit donc d’un art humanisé, et il se peut que la Déesse marque un changement dans la mythologie automobile. Jusqu'à présent, la voiture superlative tenait plutôt du bestiaire de la puissance; elle devient ici à la fois plus spirituelle et plus objective, et malgré certaines complaisances néomaniaques (comme le volant vide), la voici plus ménagère, mieux accordée à cette sublimation de l'ustensilité que l'on retrouve dans nos arts ménagers contemporains: le tableau de bord ressemble davantage à l'établi d'une cuisine moderne qu'à la centrale d'une usine: les minces volets de tôle mate, ondulée, les petits leviers à boule blanche, les voyants très simples, la discrétion même de la nickelerie, tout cela signifie une sorte de contrôle exercé sur le mouvement, conçu désormais comme confort plus que comme performance. On passe visiblement d'une alchimie de la vitesse à une gourmandise de la conduite.
Il semble que le public ait admirablement deviné la nouveauté des thèmes qu’on lui propose: d'abord sensible au néologisme (toute une campagne de presse le tenait en alerte depuis des années), il s'efforce très vite de réintégrer une conduite d'adaptation et d’ustensilité (« Faut s’y habituer »). Dans les halls d’exposition, la voiture témoin est visitée avec une application intense, amoureuse: c’est la grande phase tactile de la découverte, le moment où le merveilleux visuel va subir l'assaut raisonnant du toucher (car le toucher est le plus démystificateur de tous les sens, au contraire de la vue, qui est le plus magique): les tôles, les joints sont touchés, les rembourrages palpés, les sièges essayés, les portes caressées, les coussins pelotés; devant le volant, on mime la conduite avec tout le corps. L'objet est ici totalement prostitué, approprié: partie du ciel de Metropolis, la Déesse est en un quart d'heure médiatisée, accomplissant dans cet exorcisme, le mouvement même de la promotion petite-bourgeoise.

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Der neue Citroën

aus MYTHOLOGIEN von Roland Barthes 1957.

Ich glaube, dass das Automobil heute das ziemlich genaue Äquivalent zu den großen gotischen Kathedralen ist: Ich meine eine große epochale Schöpfung, leidenschaftlich erdacht von unbekannten Künstlern, verzehrt in ihrem Bild, wenn nicht in ihrem Gebrauch, von einem ganzen Volk, das sich in ihr ein vollkommen magisches Objekt aneignet.
Der neue Citroën ist insofern eindeutig vom Himmel gefallen, als dass er in erster Linie als Objekt der Superlative präsentiert wurde. Man darf nicht vergessen, dass das Objekt der beste Bote des Übernatürlichen ist: Es gibt im Objekt leicht gleichzeitig eine Vollkommenheit und eine Abwesenheit des Ursprungs, eine Umschließung und einen Glanz, eine Verwandlung des Lebens in die Materie (die Materie ist viel magischer als das Leben), und, um das Mindeste zu sagen, eine Stille, die zur Ordnung des Wundersamen gehört. Die "Göttin" hat alle Eigenschaften (zumindest schreibt das Publikum sie ihr zunächst einhellig zu) eines jener aus einem anderen Universum stammenden Objekte, die die Neo-Manie des 18. Jahrhunderts und die unserer Science-Fiction nährten: Die Göttin ist vor allem eine neue Nautilus.
Deshalb sind wir weniger an ihrer Substanz als an ihren Gelenken interessiert. Wir wissen, dass Glätte immer ein Attribut der Vollkommenheit ist, denn ihr Gegenteil verrät eine technische und rein menschliche Anpassungsoperation: Die Tunika Christi war nahtlos, so wie die Flugzeuge der Science Fiction aus glattem Metall bestehen. Die DS 19 gibt nicht vor, ein reines Nappé zu sein, obwohl seine allgemeine Form sehr umhüllt ist; dennoch ist es die Verzahnung seiner Flächen, die das Publikum am meisten interessiert: Man ertastet wütend den Übergang der Fenster, man fährt mit der Hand durch die breiten Gummirinnen, die die Heckscheibe mit ihren Nickeleinfassungen verbinden. Es gibt in der DS die Anfänge einer neuen Phänomenologie der Anpassung, als ob wir von einer Welt der verschweißten Elemente zu einer Welt der nebeneinanderliegenden Elemente übergingen, die allein durch ihre wunderbare Form zusammenhalten, die natürlich für die Einführung der Idee einer modischeren Natur verantwortlich ist.
Was das Material selbst betrifft, so unterstützt es sicherlich einen Geschmack für Leichtigkeit, im magischen Sinne. Es gibt eine Rückbesinnung auf eine gewisse Aerodynamik, die aber insofern neu ist, als sie weniger massiv, weniger scharf, mehr gespreizt ist als die der Frühzeit dieser Mode. Geschwindigkeit wird hier in weniger aggressiven, weniger athletischen Zeichen ausgedrückt, als ob sie von einer heroischen zu einer klassischen Form übergehen würde. Diese Vergeistigung spiegelt sich in der Bedeutung, der Pflege und dem Material der Glasflächen wider. Die Göttin ist eine sichtbare Überhöhung des Glases, und das Blech ist nur eine Basis. Hier sind die Scheiben keine Fenster, Öffnungen in der undurchsichtigen Hülle, sie sind große Flächen von Luft und Leere, mit der ausgebreiteten Wölbung und dem Glanz von Seifenblasen, der harten Dünnheit einer Substanz, die mehr entomologisch als mineralisch ist (das Citroën-Abzeichen, das Pfeil-Abzeichen, ist zu einem geflügelten Abzeichen geworden, als ob wir jetzt von einer Ordnung des Antriebs zu einer Ordnung der Bewegung übergehen, von einer Ordnung des Motors zu einer Ordnung des Organismus).
Es ist also eine vermenschlichte Kunst, und es mag sein, dass die Göttin einen Wandel in der automobilen Mythologie markiert. Bisher war das Auto der Superlative eher ein Bestiarium der Macht; hier wird es sowohl spiritueller als auch objektiver, und trotz gewisser neomanischer Ablenkungen (wie dem leeren Lenkrad) ist es hier häuslicher, mehr auf jene Sublimierung der Utensilität abgestimmt, die in unserer zeitgenössischen Haushaltskunst zu finden ist: Das Armaturenbrett sieht eher aus wie die Werkbank einer modernen Küche als das Kraftwerk einer Fabrik: Die dünnen Fensterläden aus mattem, geriffeltem Blech, die kleinen Hebel mit weißen Kugeln, die sehr einfachen Anzeigen, die Diskretion der Vernickelung, all das deutet auf eine Art Kontrolle über die Bewegung hin, die fortan mehr als Komfort denn als Leistung gedacht ist. Wir bewegen uns zusehends von einer Alchemie der Geschwindigkeit hin zu einem Gourmet-Fahrerlebnis.
Es scheint, dass die Öffentlichkeit die Neuartigkeit der ihr vorgeschlagenen Themen bewundernswert erraten hat: zunächst empfindlich gegenüber dem Neologismus (eine ganze Pressekampagne hatte sie jahrelang in Alarmbereitschaft gehalten), versuchte sie sehr schnell, ein Verhalten der Anpassung und der Gewöhnung zu integrieren ("Man muss sich daran gewöhnen"). In den Ausstellungshallen wird das Showcar mit intensivem, liebevollem Einsatz besichtigt: Das ist die große taktile Phase der Entdeckung, der Moment, in dem das wunderbare Visuelle dem begründenden Angriff des Tastsinns ausgesetzt wird (denn der Tastsinn ist der entmystifizierendste aller Sinne, im Gegensatz zum Sehen, das der magischste ist): Die Bleche und Fugen werden berührt, die Polster gefühlt, die Sitze ausprobiert, die Türen gestreichelt, die Polster getätschelt; vor dem Lenkrad wird das Fahren mit dem ganzen Körper nachgeahmt. Das Objekt wird hier völlig prostituiert, vereinnahmt: Ausgehend vom Himmel von Metropolis wird die Göttin in einer Viertelstunde mediatisiert und vollzieht in diesem Exorzismus genau die Bewegung der kleinbürgerlichen Promotion.
Laurent (Berlin)

DS 21 BJ 1967 Confort halb Automatik, Rouge Cornaline

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